LA-BAS si Près

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LA-BAS si Près

Mensaje  juanto el 09.05.18 16:26

Dans le rêve de toute une nuit
A demi endormi, entre rêve et réalité, emporter par les paroles de tous ces protagonistes géants de la littérature qui nous soigne, je me retrouvai dans un pré, verdoyant, jonché de rouge et de bleu d’un printemps ensoleillé ou coule une rivière se perdant dans l’horizon. Soudain, comme l’obscurité d’une paupière lourde, trop faible pour résister à la fatigue, l’horizon s’obscurcit, l’eau cristalline se déroba sur un sol en dalles de pierres et apparut au coin d’une colonne d’un aussi beau granite, cette petite fille majestueuse, accompagnée par un lion, elle ressemblait à la mienne, blonde aux longs cheveux d’orées et au regard vert tout aussi innocent. Bougeant pour reprendre conscience, les esprits m’emportèrent, je me mis à lui parler, ma voix était clair mais ma bouche était pâteuse.
Le temps : Comment-t-appelles-tu ?
La petite : Laïciprès
Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, elle avait l’air si réelle, avec sa robe longue de princesse de conte de fée.
Le Temps : Comment s’appelle ton compagnon ?
La petite : Marco, m’a-t-il dit, je l’ai croisé et depuis il me suit, me parle m’instruit par son livre, me défend par son épée et m’apporte à manger et me sert d’oreiller quand je suis fatiguée.
Marco, joli nom pour un lion qui a le pouvoir de parler, perdu dans ma fatigue, je savais qu’il ne fallait pas s’en méfier. Le lion s’assit à côté d’elle, puis elle me posa une question.
La petite : Qu’est-ce que la Démocratie ?
Je regardais le lion qui de ses belles dents souriait, un peu inquiétant, comme si à ma réponse dépendait ma vie. Démocratie lui-dis-je, levant les yeux au ciel, de mes bras, inconscient, je fis un geste circulaire en forme de voute et le ciel s’obscurcit vraiment, allumant une bougie de je ne sais quel tiroir où les meubles s’approchaient et s’éloignaient tout seuls, de cette crypte nous nous retrouvâmes dans un vieux cimetière délabré, dévasté depuis l’éternité. C’est cela la démocratie, lui-dis-je, ce que tu vois autour de toi.
Des pierres en ruines, sortirent de leurs tombeaux, la Parole, le Peuple, l’Argent et le Pouvoir. Comme les quatre cavaliers annoncés par Saint Jean. La Parole enveloppa la conquête d’un blanc immaculé, le Peuple couvrit la Guerre de son manteau rouge, l’Argent noircit la terre par la famine et le Pouvoir s’ornât de sa pâleur.
D’autres tombes semblaient bouger mais les principaux acteurs étaient là. La crypte s’éclaira, doucement et la petite fille les regarda comme si elle attendait les réponses.
Ma petite dit la Parole, tu es la semence de Démocratie mais tu es dès ta naissance aussi vétuste que ta mère, la clarté de mes mots témoigne de ma vérité sur cette terre et tu as grandi sans regarder ton passé, oubliant ce qui t’ont aidé à exister, comme ta mère tu seras perdu avant même de grandir.
La petite me regarda, étonnée, et comme si les mots avaient fait leurs effets elle se mit à vieillir sans grandir.
Mon enfant dit le Peuple lutte maintenant pour les tiens, pour toutes ses âmes perdues qui n’ont nulle part où se raccrocher. Comme je suis la guerre tu verras le sang couler, ainsi les révolutions se firent, et la petite déjà adolescente se mit à faire des gestes dans l’espace, une série de mouvent qui ressemblaient à des combats contre un adversaire invisible.
La jeune fille vit son corps prendre des formes, se développant comme les fleurs rayonnantes du mois de mai. La vie avait pris en elle, la terre bien encrée.
Mais sa beauté ne dura qu’un instant, le manteau noir de l’argent l’attira par ses promesses d’un futur meilleur, elle fut dupée, elle cessa les combats, laissant le peuple abandonné.
Comme un cheval au galop, son corps mutilé pris encore de l’âge, de son regard toujours aussi innocent des dernières lueurs de l’été, elle nous supplia de tout arrêter, nous étions dans une impossibilité physique de le faire, même nos yeux n’arrivaient pas à pleurer, nos cœurs le désiraient quand une voix tremblante s’éleva.
Ma beauté dit le Pouvoir, vient avec moi, prend ma main, cesse de combattre en vain, je te donnerai la force sur tous les tiens, car avec moi tu ne maqueras de rien.
Le Lion qui jusqu’à présent n’avait rien dit se leva, et dit : Il est temps que tu reviennes à nous. Moi le Temps j’observais, sans rien dire, ni faire, tout le monde me traverse et me découpe sans me demander si cela est juste et bon. Sur cette terre personne sait que je suis une constante qui file vers l’infini, tout le temps.
Le Lion ouvrit son livre d’une de ses pattes et invoqua une voix qui crie dans le désert. De son autre patte, avec son épée, il tint en respect la mort, car oui, derrière tout pouvoir se cache la mort tremblante et pâle. Le lion dit les mots de Jean le Baptiste :
« Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.  Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
En disant cela, de l’eau surgit de nulle part, vint se rependre sur la tête de cette enfant épeurée et meurtrie alors que la mort commençait à l’entraîner avec elle. Alors moi le Temps, sorti de ma spirale appela humblement l’Harmonie, qui vit que Laïciprès avait été baignée par les mots de Jean, termina le baptême. L’obscurité se dissipa en un instant, Parole ; Peuple, Argent et Pouvoir se prosternèrent quand j’entendis ma fille me dire : Papa, tu t’es endormi devant la télé.

juanto
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